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Les ruisseaux et têtes de bassins

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LES RUISSEAUX DU MORVAN, UNE RESSOURCE FRAGILE

Le Morvan participe à l’alimentation de deux bassins versants, celui de la Seine et celui de la Loire. Au nord et à l’est, une série de rivières convergent vers le bassin parisien, les principales étant l’Yonne et la Cure. Au sud le bassin de la Loire est alimenté par les diverses vallées confluant vers l’Arroux et l’Aron.

Le Morvan, massif de moyenne montagne abondamment arrosé par la pluie venant de l’Ouest, possède un réseau hydrographique particulièrement dense.
Chacun d’entre nous peut le constater en parcourant les innombrables vallées et vallons qui l’entaillent. Plus de deux mille kilomètres de cours d’eau irriguent le Morvan.

Un réseau de mesures suivi par le Parc et d’autres acteurs permet de connaître la qualité physico-chimique et biologique de nombreux cours d’eau. Certains ruisseaux sont encore préservés, de bonne qualité offrant une biodiversité importante. Cette qualité et richesse se traduisent notamment par une faune invertébrée très variée. Ainsi sur les 135 groupes d’invertébrés utilisés pour la détermination de la qualité des eaux, 118 sont présents dans les cours d’eau du massif.

Les ruisseaux très préservés offrent de précieuses références qui nous permettront, d’une part de ne pas oublier la richesse de ce patrimoine naturel, et d’autre part de guider et d’évaluer les opérations de réhabilitation des milieux aquatiques.

Les causes des principaux problèmes constatés
L’impact des barrages réservoirs* 

Les grands lacs artificiels du Morvan restituent en été des eaux de mauvaises qualité par des vannes de fond. Les eaux sont alors peu oxygénées et concentrées en ammonium, fer et sulfures. Cette dégradation est sensible surtout à l’aval des lacs de Saint-Agnan, Chamboux et Chaumeçon dans une moindre mesure. Cette dégradation peut être atténuée par l’équipement avec des vannes intermédiaires, comme cela est le cas au barrage des Settons.

Le débit restitué en aval des barrages est plus faible que le débit entrant. Une part variable de l’eau stockée est évaporée, exportée pour l’alimentation en eau potable ou déportée de quelques kilomètres à l’aval pour la production hydroélectrique.

Le mauvais fonctionnement physico-chimique des grands lacs en font de véritables pièges à matières en suspension et à nutriments. Ces réservoirs en sont d’autant plus sensibles à la pollution diffuse agricole et domestique.

* Le Morvan possède six grands « lacs » artificiels :

Le lac des Settons (320 ha, ancien lac de flottage et utilisé actuellement pour les loisirs) ;
Le lac de Pannecière (520 ha, construit pour la régulation des eaux de la Seine) ;

Le lac de Chaumeçon (135 ha, production électrique, E.D.F) ;

Le lac du Crescent (165 ha, production électrique, E.D.F) ;

Le lac de Saint-Agnan (142 ha, alimentation en eau potable) ;

Le lac de Chamboux (75 ha, alimentation en eau potable).

Le dysfonctionnement de réseaux d’eaux usées et des stations d’épuration sur certaines bourgades entraînent une concentration en Phosphates et Ammonium. Les rejets se font parfois dans de petits ruisseaux qui n’ont pas la capacité d’auto-épurer cette charge de pollution. L’assainissement individuel des hameaux est souvent préférable.
Les rejets directs non traités, représentent peu de cas inquiétants.
De nombreux problèmes thermiques (augmentation de la température moyenne estivale). Dans les étangs, l’eau se réchauffe, parfois de plusieurs degrès, ce qui entraine une baisse de la teneur en oxygène. La capacité d’autoépuration du cours d’eau est réduite. En conséquence, la température augmente et la qualité de l’eau se dégrade à l’aval. Le risque d’eutrophisation, de développement d’algues et donc de consommation en oxygène augmente. Le réchauffement est particulièrement dommageable aux espèces piscicoles typiques du Morvan, aux écrevisses pieds blancs et aux Moules Perlières.
L’absence de ripisylve. Les arbres en berge (ripisylve) présentent de multiples avantages : ils créent de l’ombre et maintiennent l’eau fraîche, les racines ralentissent les écoulements (rôle dans les crues) et offrent des caches et des sous berge à de nombreuses espèces. Les arbres en berge jouent un rôle de filtre et d’épuration des ruissellements. Broutés par le bétail, les arbres disparaissent, les berges à nu s’érodent et s’effondrent et le cours d’eau a tendance à se colmater.
Perte de connectivité entre rivières et ruisseaux. Des études récentes sur la fonctionnalité des petits cours d’eau et leur relations avec les rivières principales, montrent sur le plan de la connectivité et de la dégradation de physique de l’habitat, de nombreux problèmes. Ils sont souvent liés à des passages busés infranchissables, et à la destruction du lit et des berges par le sur-piétinement du bétail. Ainsi sur trois bassins (Cure Amont, Yonne Amont, Cousin amont), 40 % du linéaire de petits ruisseaux ne sont plus fonctionnels pour la reproduction de la Truite fario.

Contact : , animatrice du contrat global Cure-Yonne

ZOOM SUR LES GRANDS MIGRATEURS

La Loire est un fleuve qui compte encore 7 espèces de poissons grands migrateurs: le saumon atlantique, l’anguille, la grande alose et l’alose feinte, la lamproie marine et la lamproie de rivière, et enfin la truite de mer.

Les poissons grands migrateurs sont un des éléments importants de la biodiversité des cours d’eau. Ils ont été la base, pendant des siècles, d’une économie de pêche qui irriguait les territoires, depuis les sources jusqu’aux estuaires des fleuves. Malgré leur raréfaction, ils restent un élément essentiel dans la culture locale, présents dans la littérature, les chants populaires, la peinture…

Le Morvan offre encore un potentiel d’accueil des saumons qui remontent sur la Celle et le Ternin. Le Méchet, la Celle, la Dragne et l’Alène ont un potentiel productif important pour la lamproie marine.

D’autres petits migrateurs peuplent nos rivières et nos ruisseaux, ils ne dévalent pas jusqu’à l’estuaire mais ont, eux aussi, besoin d’une continuité écologique du cours d’eau pour les différentes phases de leur cycle de vie.