logo loader
maison du parc

Une mosaïque de milieux

Alligny-58_Prairie-a-Arnica_O-Bardet_min

L’occupation du sol du Parc naturel régional du Morvan peut être décomposée en différentes trames, en fonction du type d’espèces que les milieux peuvent abriter. On distingue cinq trames sur le territoire du Parc : forestière, aquatique et humide, prairial, affleurements rocheux, espaces anthropiques et milieux souterrains naturels. La mosaïque paysagère du territoire couvre ces différentes trames.

La trame forestière

D’après les données de la BD forêt de l’IGN (V1 basée sur des données de 1999 et 2000 pour la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire, V2 basée sur des données de 2007 pour la Nièvre et l’Yonne), la forêt occupe 149 236 ha, soit 45% du périmètre d’étude de la future charte du Parc du Morvan.

Elle est composée à 54 % de feuillus, 35% de résineux et 11% de peuplements qualifiés de « mixtes » (mélange résineux-feuillus au sein du peuplement ou mosaïque de petites parcelles soit en feuillus, soit en résineux). L’ancienneté de ces données (10 ans pour les plus récentes) nécessite de relativiser ces chiffres qui reflètent une situation antérieure à la Charte 2008-2020. Si la couverture forestière n’a probablement pas évolué significativement, le taux d’enrésinement pourrait être sous-estimé dans ces données relativement anciennes. La couverture forestière et le taux d’enrésinement ne sont pas homogènes sur le territoire et varient fortement d’une région naturelle à l’autre. Ainsi, le Haut-Morvan montagnard est boisé à 95 % et la forêt y est composée à 65 % de résineux. Le plateau vézelien est, quant-à-lui, boisé à 56 % et ne compte que 17 % de résineux.

Le taux d’enrésinement varie légèrement selon la nature du foncier : la forêt publique qui occupe 12,1% de la surface est majoritairement feuillue (59, 6%). La forêt privée qui concerne 88% des surfaces forestières est composée de 53% de feuillus.

La diversité de la forêt morvandelle

La forêt morvandelle est composée de forêts de feuillus autochtones, auxquelles on ajoutera les forêts plantées de résineux et les forêts de bords de cours d’eau. La diversité du relief, l’influence du climat continental, montagnard et océanique, le réseau hydrographique dense, la nature de la roche mère sont des facteurs favorisant tout autant la diversité biologique au sein des écosystèmes forestiers du Morvan que leur originalité et leur typicité par rapport au reste de la Bourgogne.

A-Maillier_Bibracte_minLa forêt morvandelle est d’intérêt écologique quand elle est en bon état de conservation.

Les hêtraies, dans leur ensemble, sont les forêts les plus répandues dans le Morvan, le hêtre, étant l’essence climacique. Cette large répartition cache une certaine variabilité des habitats avec des faciès rares, voire absents ailleurs.

Véritable originalité régionale, les hêtraies montagnardes constituent un faciès très typé et sont présentes aux altitudes les plus élevées. Elles sont devenues très rares du fait de l’enrésinement qui atteint 80% au-dessus de 700 m d’altitude dans le Morvan.

Certains types de forêts sont reconnus présents dans le Morvan et parmi ceux-ci certains sont « prioritaires » : les forêts riveraines d’aulnes et de frênes, dont certaines variantes liées aux petits ruisseaux de têtes de bassin sont des raretés en Bourgogne, les tourbières boisées ou boulaies acides, présentes dans le Haut-Morvan montagnard et le Morvan central, les forêts de ravin, dont certaines présentent un caractère montagnard très rare apparentant à des habitats typiques du Massif central. D’autres milieux, également remarquables, sont étroitement associés à la forêt : milieux rocheux, zones de sources et de ruisseaux, lisières et clairières fleuries hébergent leurs lots d’espèces rares et sensibles et jouent un rôle fonctionnel d’alimentation ou de repos pour des espèces forestières parfois très spécialisées.

Un massif forestier ancien, un patrimoine à conserver

Les forêts dites « anciennes » sont celles qui étaient déjà présentes avant le minimum forestier, daté au niveau national à la première moitié du XIXe siècle, par opposition aux forêts dites « récentes », installées par la suite sur des espaces agricoles. Cette distinction se réfère ainsi à la continuité de l’état boisé, et non à l’âge des arbres ou du peuplement, qui peuvent atteindre 150 ans dans les forêts récentes.

A-Maillier_Bibracte_2_minLes forêts anciennes présentent des caractéristiques écologiques (liées à la continuité de l’état boisé et de l’usage principalement forestier du sol) et ont, pour la plupart, assuré et assurent encore des fonctions économiques et sociales indispensables, qui leur confèrent une valeur patrimoniale indéniable. Au sein de ces forêts, des peuplements matures, riches en vieux arbres et en bois mort (niches écologiques indispensables à de nombreuses espèces forestières), représentent de véritables réservoirs de biodiversité qui contribuent à la fonctionnalité de l’ensemble de la trame forestière. Elles peuvent constituer les derniers refuges d’espèces relictes et menacées de disparition dont les faibles capacités de dispersion les ont réduites à quelques isolats (Emberger, Larrieu & Gonin, 2013).
La conservation de ce patrimoine amène non seulement à questionner les usages et la gestion passés et actuels de ces espaces, mais également à réfléchir aux forêts de demain.