FRUIT D'UNE LONGUE HISTOIRE HUMAINE

Dès la préhistoire, les ressources en bois (essentiellement chênes et hêtres) sont fortement mises à contribution (chauffage, cuisson de la céramique, travail du fer, construction, cloisonnements). Avec le déclin de l’empire gallo-romain, le Morvan se dépeuple et se reboise. Puis au XIVème siècle, des clairières agricoles avec hameaux s’ouvrent de nouveau dans la forêt.


A partir du XVIème siècle, les forêts morvandelles sont intensivement exploitées en taillis pour fournir Paris en bois de chauffage par flottage, appauvrissant les peuplements de hêtre et les sols. Les quantités de bois fournies augmentent jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, pour assurer vers 1800 les ¾ de la consommation. Le flottage est ensuite progressivement abandonné avec l’arrivée du charbon.

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, le Morvan connaît un important essor démographique et une amélioration des conditions de vie : la population défriche la forêt au profit de l’agriculture, qui est en expansion, et de l’élevage.


Depuis, le Morvan se dépeuple et la surface forestière progresse, passant ainsi de 30 % au début du XIXème siècle à 45 % actuellement. La surface restante est devenue principalement des prairies pour l’élevage.

Dès 1950, les plantations résineuses monospécifiques s’installent largement (épicea puis douglas), sous l’impulsion des aides au reboisement grâce au Fond Forestier National, dans un contexte de déprise agricole, d’exode rural massif et de peuplements forestiers surexploités dans le passé.




Evolution du couvert forestier du Morvan

Depuis 2000, les arbres de ces plantations atteignent des diamètres correspondant à la demande industrielle. Cette dernière exerce une forte pression sur le massif et le couvert forestier évolue au gré des interventions fortes et des coupes rases.
Les parcelles exploitées en coupe rase sont majoritairement replantées en Douglas. Certaines sont laissées en friche ou transformées pour une vocation agricole.

La richesse des écosystèmes forestiers est intimement lié à l'histoire de leur exploitation par l'Homme

La richesse des écosystèmes forestiers est intimement lié à l'histoire de leur exploitation par l'Homme.
Les forêts que l'on considère "anciennes" sont celles qui n'ont pas été défrichées à des fins agricoles depuis au moins 150 ans. Elles sont susceptibles d’héberger des écosystèmes particulièrement typiques car non perturbés par les labours anciens qui laissent des traces à long terme sur les sols, la faune et la flore.
Le Parc du Morvan s'intéresse depuis 2012 à la localisation et à l'étude ses forêts anciennes en analysant notamment les cartes historiques d'occupation des sols. C'est pourquoi il collabore actuellement à un projet de cartographie et de connaissance des forêts anciennes du Massif Central coordonné par l'IPAMAC (Association Inter-Parc du Massif Central). Une première journée d'échanges techniques sur les caractéristiques écologiques des forêts anciennes, leurs usages anciens et leur conservation s'est tenue le 29 avril 2016 dans le Pnr du Livradois-Forez.

Parc naturel régional du Morvan, Maison du parc 58230 SAINT-BRISSON - Tél : 03.86.78.79.00