LES PRINCIPALES PRODUCTIONS


Jusque vers 1930, l'agriculture était tournée vers la polyculture et le petit élevage, mais à partir de 1950, l'agriculture morvandelle se réoriente principalement vers l'élevage allaitant de bovins, suite à l'introduction massive de la race Charolaise. La majorité des agriculteurs du territoire du Parc (80 %) produit des bovins, qu’ils vendent maigres, c’est-à-dire non engraissés. Le Morvan fournit des bêtes maigres qui partent à l'étranger pour être engraissées (80 % des animaux produits dans le Morvan sont exportés en Italie, en Allemagne, en Espagne et en Grèce, le reste part vers les zones d'embouche de Bresse et de Vendée.). Certains agriculteurs produisent des animaux de boucherie, qu’ils vendent pour la viande. Le territoire compte 4 abattoirs : Autun, Luzy, Saulieu et Corbigny et un marché au cadran très dynamique à Moulins Engilbert.

Le Morvan est rattaché depuis 2005 au Massif Central et intègre, par la même, un territoire cohérent, notamment au niveau agricole. Le Massif Central est la plus grande prairie naturelle de France. Plus de 80 % des terres agricoles sont destinées aux métiers de l'élevage. Plus de huit agriculteurs sur dix sont des éleveurs d'herbivores. Les résultats du recensement agricole 2000 confirment l'importance du troupeau bovin dans l'agriculture et la poursuite de l'accroissement du cheptel, notamment dans le secteur allaitant. Dans ces pays naisseurs, on trouve quatre principales races bovines : Salers, Aubrac, Limousin, Charolais. Dans le Morvan, c'est bien sûr la race charolaise qui domine."

Les plantes médicinales


Présentation :

La production de plantes médicinales est aujourd’hui l’objet d’une activité économique d’une dizaine d’exploitations agricoles sur le massif du Morvan. La plupart des entreprises ont cette activité de production de plantes médicinales comme diversification d’une autre activité (chevaux, sapins de noël, élevage de lapins, …).

Les plantes médicinales peuvent d’une part être cultivées, et nous trouvons des plantes dont l’utilisation pharmaceutique est la racine (Bardane, Valériane…). La culture de racines de plantes médicinales s’adapte bien aux terrains filtrants et sableux qui caractérisent le Morvan, et permet ainsi des arrachages en arrière saison.
D’autre part elles peuvent être issues de la cueillette sauvage : la reine des prés (Filipendula ulmaria), l’Epilobe en épis (Epilobium augustifolium), ou encore le Millepertuis perforé (Hypericum perforatum) sont des médicinales cueillies dans le Morvan. Tous les producteurs ont fait le choix de l’agriculture biologique, et valorisent leur production principalement sur le marché de l’herboristerie, mais aussi de l’homéopathie et de l’industrie du médicament.

Historique :

La cueillette de plantes médicinales est issus du savoir populaire des morvandiaux. Au début du siècle dernier, de nombreuses plantes étaient ramassées sur les bords des chemins ou dans les prés et faisaient l’objet de préparations pharmaceutiques. Au fil du temps, de nombreux usages et remèdes ont vues le jour, corroborées ou non par les études pharmaceutiques plus récentes.

A partir de 1982, en s’appuyant sur une activité économique relictuelle notamment autour d’Avallon dans l’Yonne, le Parc naturel régional du Morvan a soutenu plusieurs études et a proposé aux agriculteurs du Morvan des formations, comme moyen de diversification de l’activité d’élevage.
Il a entretenu des liens privilégiés avec l’Institut Technique des Plantes Médicinales et Aromatiques et le Conservatoire National des Plantes médicinales, en mettant en place des expérimentations notamment sur la valériane officinale.
En 1985 le Parc naturel régional du Morvan a soutenu la création d’un Syndicat de producteurs, d’une CUMA (Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole) puis d’une Coopérative, sur la commune de Montsauche les Settons. Ainsi, était à la disposition des producteurs du Morvan, une structure économique de commercialisation et des outils de séchage, de coupe et de première transformation.

En parallèle à ces actions destinées à l’agriculture du Morvan, l’Herbularium de la Maison du Parc et une exposition itinérante « La cueillette des Savoirs » ont vu le jour et ont permis de mieux faire connaître les plantes médicinales du Morvan, les savoirs populaires hérités du passé et les potentialités économique de cette ressource naturelle.

Les sapins de Noël


L'historique du sapin de Noël

L'usage de branchages toujours verts pour décorer les maisons lors des célébrations hivernales remonte à des temps très anciens. C'est au VIIe siècle que cet usage païen a été intégré aux fêtes chrétiennes. Au XIe siècle, on présentait des scènes appelées Mystères, dont celle du Paradis fort populaire durant l'Avent. Garni de pommes rouges, un sapin symbolisait alors l'arbre du Paradis. Toutefois, le 1er arbre de Noël tel que nous le connaissons, mais sans lumière encore, serait apparu en Alsace. En effet, on retrouve sur les livres de comptes de la ville de Sélestat, la première trace écrite de ventes de sapins de Noël en 1521. Cet usage se développa surtout chez les protestants, à l’époque de la réforme, qui ne voulaient pas représenter la nativité comme les catholiques par une crèche. Progressivement, cette tradition s’est répandue dans l'Europe protestante, en Allemagne et en Scandinavie.
En France, l'arbre de Noël fut introduit à Versailles, en 1738, par Marie Leszcynska, femme de Louis XV, d'origine polonaise. En Grande Bretagne, l'époux de la Reine Victoria, le Prince Albert d'origine allemande fit dresser un sapin de Noël au château de Windsor en 1841. De la cour, la mode du sapin de Noël se répandit rapidement dans la bourgeoisie, puis chez les gens du peuple. A cette époque, un beau sapin de Noël devait avoir six hauteurs de branches et être posé sur une table recouverte d'une nappe de damas blanc. On le paraît de guirlandes, de bonbons et de fleurs en papier. La décoration a évolué de noix dorées, feuilles de papier colorées, petits gâteaux anisés jusqu'à la boule de verre qui fait son apparition vers les années 1850. Les divers éléments servant à son ornementation furent d'abord conçus à la maison, avant d'être produits industriellement. Au milieu du XVIIe siècle, l'illumination du sapin se faisait au moyen de coquilles de noix remplies d'huile sur lesquelles flottaient de petites mèches. Elles seront remplacées, au début du XXe siècle par des ampoules électriques. D'autres variantes, tels les sapins artificiels apparaîtront au tournant du XXe siècle.

Historique de l'implantation de la culture du sapin de Noël dans le Morvan

La culture du sapin de Noël fût introduite en 1929 à Moux-en-Morvan et, dès avant 1939, on produisait du sapin de Noël à Alligny-en-Morvan, Moux-en-Morvan et à Saulieu à l'initiative de quelques pépiniéristes désirant satisfaire la demande de la clientèle parisienne. Après la guerre, suite à l'influence de l'occupation allemande, la demande a fortement augmenté. A côté des pépiniéristes, les morvandiaux se sont mis à planter pour profiter de ce marché et, ce, avec d'autant plus de facilité qu'ils disposaient tous de quelques parcelles de mauvaise qualité, non utilisées, et avaient une tradition forestière. Tous étaient à l'affût de revenus complémentaires du fait du contexte agricole difficile. La montée des cours a fait que l'on a planté à grande échelle. En plus des pépiniéristes et des agriculteurs, les fonctionnaires, les retraités, les Parisiens ont voulu avoir leur plantation. La recherche de terres disponibles et de champs d'altitude (l'épicéa pousse mieux au-dessus de 500 m d'altitude) a entraîné une extension de la culture vers le sud et l'ouest. Bonamour en 1966 déclare : « Pour les agriculteurs des exploitations morvandelles, le sapin représente un appoint de trésorerie entre l’écoulement de la moisson et la vente des bêtes maigres au printemps ; la culture s’intercale entre le moment des grands travaux ; l’arrachage se place au creux de l’hiver ; certes il faut attendre plusieurs années avant de percevoir la rémunération du travail; mais la culture n’exige presque pas d’investissements ». C’est moins vrai aujourd’hui du fait du prix de la mécanisation, de l’utilisation de produits phytosanitaires et de la logistique nécessaire à l’acheminement des commandes.

La filière sapin de Noël aujourd’hui

Le Morvan est la première région productrice de France avec ¼ de la production nationale soit 1 millions de sapins. Chaque année, 5 millions de sapins de Noël naturels sont vendus en France, 1 million viennent de l’étranger principalement du Danemark.
Dans le Morvan, on estime qu’il y a environ 150 producteurs de sapins de Noël mais peu sont de véritables professionnels vivants uniquement de cette activité. 60 % de la production morvandelle est concentrée dans les mains d’une quinzaine de producteurs. On estime à 1500 hectares la superficie plantée en sapins de Noël dans le Morvan
Depuis mars 2003, la situation juridique du sapin de Noël s’est clarifiée avec la sortie de deux décrets. Le sapin de Noël est une activité agricole et non forestière même si les arbres utilisés sont des essences forestières.
Afin de faire entendre leurs revendications et permettre un échange d’expérience les producteurs français de sapins de Noël se sont regroupés en 1998 au sein de l’Association Française du Sapin de Noël Naturel (AFSNN) dont le siège social est à Alligny-en-Morvan.

Le vignoble de Vézelay


La présence de la vigne à Vézelay et dans les villages environnants remonte à l’époque gallo-romaine (fin du 1er siècle – début du 2ème siècle après JC) ainsi que dans de nombreuses régions françaises. C’est le moment où la citoyenneté romaine a été largement donnée, accordant ainsi les droits de plantation qui lui étaient liés. Cette implantation est d’autant plus certaine que l’administrateur impérial était alors originaire de Campanie, région réputée pour ses vins. C’est d’ailleurs de cette période que datent les premières traces de la vigne. En effet, les vestiges d’un temple dédié à Bacchus ont été découverts sous l’église Saint-Etienne. Un sarcophage recreusé dans une colonne romaine décorée de pampres et de grappes a été mis à jour à Asquins.

A la fin du 9ème siècle, l’implantation d’un monastère de Bénédictins par Girard de Roussillon a donné un essor au vignoble d’autant que, dès le siècle suivant, l’abbaye de Vézelay devient un grand centre de pèlerinage et le départ d’un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Le domaine de l’abbaye s’étend sur la rive droite de la Cure.

La viticulture princière, stimulée par l’habitude des réceptions et le désir de prestige, se développe aux 14ème et 15ème siècles. Le Duc de Bourgogne possède son propre domaine.

Par chemins à travers bois ou par voies d’eau, en empruntant la Cure à partir de Saint Père, puis l’Yonne, le vin de Vézelay voit son commerce se développer sur Paris où Vauban, originaire de la région, note sa présence.

Pour approvisionner la capitale en vins et puisque le Bourgogne est à la mode, la production progresse et atteint son apogée au 18ème siècle. Le seul village d’Asquins compte alors 190 hectares. Le village de Saint-Père en possède 330. A Tharoiseau, chaque foyer exploite quelques arpents de vigne, la vente de vin étant la seule source de revenu.

C’est alors que le phylloxera arrive dans l’Auxerrois en 1884 et le vignoble de la région disparaît.

Le réencépagement ne débutera que dans les années 1970 et sous la poussée de professionnels passionnés et du Parc naturel régional du Morvan. Celui-ci avec la Chambre d’Agriculture de l’Yonne est à l’origine des premières plantations de vignes en cépage Auxerrois et Melon en 1975, Chardonnay et Pinot noir en 1977.
Le Parc naturel régional du Morvan participe à la mise en place d’expérimentations dès 1982 sur les cépages et les portes greffes pour motiver la demande de classement en appellations d’origine contrôlée « Bourgogne » auprès de l’INAO.

L’aire géographique du « Bourgogne Vézelay » est définie par l'Institut National des Appellations d'Origine (I.N.A.O.) en 1988 pour les 334 ha répartis entre les communes d'Asquins, de Saint-Père, de Tharoiseau et de Vézelay.

Aujourd’hui une centaine d’hectares sont plantés en vigne. Un travail sur la marquage Parc du vin de Vézelay est actuellement menée.

On trouve également dans le Morvan, d’autres productions comme l’apiculture, l’élevage ovin, la pisciculture, l’élevage de volailles, la fabrication de fomages

L’agriculture dans le Parc naturel régional du Morvan ce n’est pas seulement l’agriculture conventionnel mais aussi l’agriculture biologique

L'industrie agro-alimentaire


A regard des statistiques bourguignonnes (DRAF - SRSA - octobre 2003), les activités agro-alimentaires de Bourgogne sont très peu présentes dans le Morvan. Les entreprises à proprement parler sont constituées de 5 moulins (comptant 5 salariés ou moins), 3 abattoirs (de 10 à 40 salariés, en comptant les communes portes), 2 entreprises de transformation à base de viandes (25 salariés chacune) et une biscuiterie (moins de 10 salariés). Les autres activités de transformation agro-alimentaire sont représentées dans le secteur agricole ou l'artisanat. "

Pour plus d’infos : "Valorisation des produits agro-alimentaires du Morvan : Enquête auprès d’un échantillon de producteurs" Nathalie Pinault - avril 2004 - 68 pages – Disponible à la Maison du Parc naturel régional du Morvan.

Parc naturel régional du Morvan, Maison du parc 58230 SAINT-BRISSON - Tél : 03.86.78.79.00