Ressources en eau
Le Morvan, massif de moyenne montagne abondamment arrosé par la pluie venant de l’Ouest, possède un réseau hydrographique particulièrement dense.
Chacun d’entre nous peut le constater en parcourant les innombrables vallées et vallons qui l’entaillent. Plus de deux mille kilomètres de cours d’eau irriguent le Morvan. Ils ont une grande importance dans l’alimentation du bassin de la Seine et, dans une moindre mesure, du bassin de la Loire.
Aujourd’hui, plus que jamais, l’état des milieux aquatiques, reflet de la qualité générale de notre environnement, se doit d’être maintenu et amélioré.
Mis en place en 1993 par le Parc naturel régional du Morvan, l’Observatoire de la Qualité des Eaux du Morvan est une étape importante pour la réalisation de cet objectif.
Le réseau de mesures qui le constitue a permis d’établir un état des lieux de la qualité physico-chimique et biologique de nombreux cours d’eau jusque là peu ou pas étudiés. Les meilleurs d’entre eux ont permis d’établir de précieuses références qui nous permettront, d’une part de ne pas oublier la richesse de ce patrimoine naturel, et d’autre part de guider et d’évaluer les opérations de réhabilitation des milieux aquatiques.
Cette qualité et richesse se traduisent notamment par une faune invertébrée très variée. Ainsi sur les 135 groupes d’invertébrés utilisés pour la détermination de la qualité des eaux, 118 sont présents dans les cours d’eau du massif. D’autres bio-indicateurs tels que l’écrevisse à pieds blancs et la Moule Perlière sont également bien représentées.
L’Observatoire est aussi un outil de suivi à long terme de la qualité des rivières, complétant les réseaux de mesures existants, comme le Réseau National de Bassin, le Réseau Hydrobiologique et Piscicole, ou le réseau lié à la Directive Cadre sur l’Eau. Il intègre également un suivi des grandes retenues artificielles.
Au terme des dix premières années de l’Observatoire, cinq grands lacs ont été étudiés, plus de neuf cent mesures de qualité des cours d’eau réparties sur quatre-vingt-trois stations ont été réalisées. Cependant, le réseau de mesures qui constitue l'Observatoire, bien que dense, ne peut prétendre donner une image complète de la qualité de l'ensemble des cours d'eau.
Conformément aux objectifs de la Charte du Parc naturel régional du Morvan, cet outil de connaissance scientifique et de gestion est reconduit pour les années à venir, afin de compléter les données.
Le bilan réalisé au terme des dix premières années de l’Observatoire montre un état globalement satisfaisant de la qualité physico-chimique des cours d’eau du Morvan. Cependant, même si 90 % des stations respectent l’objectif de qualité assigné par les Agences de l’Eau, la majorité des cours d’eau montre la trace de perturbations parfois difficilement identifiables. Les analyses hydrobiologiques montrent, quant à elles, une qualité très bonne la plupart du temps, même sur des cours d’eau où la qualité physico-chimique n’est pas optimale. Cela montre la forte capacité biogènique des cours d’eau, liée notamment au bon état général de l’habitat pour la faune (rivières peu modifiées par l’homme).
Le relief, la pluviosité, l'absence d'infiltration des eaux en profondeur, déterminent un réseau hydrographique dense et complexe ; les quelques vallées principales sont alimentées par une multitude de petits cours d'eau.
La couverture d’altération des roches cristallines du Morvan est formées de sables quartzeux à matrice plus ou moins argileuses (arène). Elle renferme des nappes de faibles puissance (quelques mètres), donnant naissance à des sources nombreuses, les « mouillères » ou à des suintements diffus, favorisant ainsi l'existence d'importantes zones humides (tourbières, prairies humides...).
L’eau est partout, mais en petite quantité, ce qui a favorisé un habitat dispersé. Elle est acide, peu chargée en sels (eau douce) et de bonne qualité bactériologiques. Les pollutions chimiques sont peu importantes, compte tenu de la faible densité de population et de prédominance de l’élevage.
Le Morvan participe à l'alimentation de deux bassins versants, celui de la Seine et celui de la Loire. Au nord et à l'est, une série de rivières convergent vers le bassin parisien, les principales étant l'Yonne et la Cure. Au sud le bassin de la Loire est alimenté par les diverses vallées confluant vers l'Arroux et l'Aron.
Le Morvan est caractérisé par la présence de nombreux étangs. Ils sont tous artificiels et pour la plupart créés sur le lit mineur des cours d'eau. Une grande partie d'entre eux doit son origine au flottage du bois commencé au XVII° siècle ; cependant, depuis une soixantaine d'années, de nombreux petits plans d'eau ont été créés pour le loisir.
Le Morvan possède également six grands « lacs » artificiels :
Lamproie de Planer (lampetra planeri)
Espèce de l’annexe II de la Directive Européenne Habitats-Faune-Flore vivant dans les cours d'eau de tête de bassin riches en sable et en limon. Elle est sensible aux activités de l’homme (pollution, travux hydraulique).
Elle n’est pas rare en Morvan, mais ne fréquente pas tous les cours d’eau.
Le Chabot (Cottus gobio)
Espèce de l’annexe II de la Directive Européenne Habitats-Faune-Flore vivant dans les cours d’eau de tête de bassin.
Il aime les eaux fraîches et turbulentes et passe une grande partie de la journée sous les pierres du fond : Très fréquent dans les rivières du Morvan, il n'est pas en danger, mais localement les pollutions et les travaux hydrauliques entraînent sa disparition.
La Truite Commune (Salmo trutta fario)
C’est l’espèce emblématique du Morvan. Elle fréquente tous les cours d’eau. Elle semble actuellement menacée au niveau de l'abondance en raison d'une baisse de qualité des milieux (pollution, réchauffement) et de problèmes d’obstacles à son déplacement.
La Lamproie Marine (Petromyzon marinus)
L’une des dernières espèces de grands migrateurs fréquentant encore le Morvan avec l’anguille. La Lamproie Marine remonte dans le Morvan par la Loire jusque dans les basses vallées du Méchet et de la Celle pour se reproduire sur des zones où on espère aussi voir un jour revenir le Saumon Atlantique.
Cette espèce largement répandue en France en 1900 voit à présent son aire de colonisation fortement morcelée par les barrages et l’altération de la qualité de son milieu de reproduction.